Les céréales comme aliment de base au Mali, une étude le confirme
Dans son étude intitulé « Sécurité alimentaire au Mali: Une estimation économétrique de la demande céréalière à l'aide du modèle AIDS et QUAIDS », Fousseny TOGOLA, Agroéconomiste (2020), l’affirme et le démontre .
La sécurité alimentaire est une problématique majeure en Afrique et surtout au Mali. Malgré des efforts énormes de l’Etat, en 2015, 25% des Maliens étaient en insécurité alimentaire. L’objectif de cette étude était d’analyser le comportement du consommateur malien pour les produits de base, notamment les céréales (Maïs, mil, riz, sorgho). Pour atteindre cet objectif, une analyse économétrique a été menée à l’aide du modèle AIDS et QUAIDS sous le logiciel STATA. Les résultats ont montré qu’il y’a pas une différence entre les deux modèles. L’analyse des élasticités prix propre ont montré que les céréales ont des demandes inélastiques au prix. Soit une élasticité prix propre de -0,035 pour le maïs, -0,717 pour le riz et -0,186 pour le sorgho. Quant aux élasticités prix croisées, les résultats obtenus ont montré que les céréales sont des compléments. Ce qui fait que les demandes sont inélastiques au prix. En effet, nous avons une relation de complémentarité entre le maïs et le mil (-0,179), maïs et riz (0,195 et -0, 368), le maïs et le sorgho (-0,117 et -0, 273). Par rapport au revenu, les résultats ont montré que le maïs est un bien de nécessité avec une valeur de 0,53. Le riz et le sorgho sont des biens de luxe avec des élasticités revenus respectives de 2,2 et 1,29. Donc, une augmentation du revenu des consommateurs résulterait à davantage de consommations en ces produits. En pratique, ce comportement caractérise plus le milieu rural que le milieu urbain. Enfin, l’Etat Malien doit continuer ses efforts en aidant les consommateurs pour lutter contre l’insécurité alimentaire et atteindre un certain niveau de bien-être. Mots clés : céréales, demande, sécurité alimentaire, AIDS et QUAIDS, Mali.
Cette étude nous a permis de comprendre le comportement du consommateur malien vis-à-vis des céréales, sous réserve des hypothèses formulées. Par rapport au prix, les céréales sont des biens de nécessité pour le consommateur malien selon les résultats des élasticités prix propres et prix croisées. Les quatre céréales sont des compléments entre elles, résultant à des demandes inélastiques au prix. En considérant le revenu, le riz et le sorgho seront des biens de luxe et le maïs, un bien de nécessité. En pratique, le riz est un produit de luxe dans le milieu rural (et la majorité des Maliens réside dans cette zone géographique). Quant au maïs, il est caractéristique du comportement du consommateur malien. En définitive, nous pouvons dire que les céréales sont des produits de base dans le panier de consommation des ménages maliens.
